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Actualités: En bref |
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Faucon lanier en vol © Angelo Scuderi
L’organisation de protection des rapaces «Gruppo Tutela Rapaci» a été fondée en 2010, après la découverte d’un réseau organisé de pilleurs de nids ainsi que d’un trafic illégal de poussins et d’œufs de rapaces.
Outre le commerce illégal et le braconnage, les espèces de rapaces protégées sont également menacées par l’usage massif de pesticides provoquant des empoisonnements, par l’intensification de l’agriculture et par la raréfaction de leurs proies.
Chaque année, avec notre soutien, des camps de protection des rapaces sont organisés en Sicile afin de stabiliser durablement les populations d’aigles de Bonelli, de faucons pèlerins et de faucons lanier.
L’aigle de Bonelli vit dans des paysages montagneux et ouverts. Il niche sur des falaises et a besoin d’un vaste territoire paisible. Aujourd’hui, la seule population stable de cette espèce en Italie se trouve en Sicile. Il s’agit d’un véritable succès en matière de conservation de la nature: grâce à des mesures ciblées de surveillance des zones de reproduction et de protection des nids, la population a augmenté au cours des dix dernières années pour atteindre environ 60 couples nicheurs.
Le faucon lanier constitue une autre espèce prioritaire du camp de protection des rapaces en Sicile. Ce rapace rare présente des exigences écologiques similaires. La situation du faucon lanier reste toutefois beaucoup plus préoccupante: ses effectifs diminuent rapidement et, en Italie, l’espèce compte désormais moins de 30 couples nicheurs.
En collaboration avec nos amis de la petite organisation sicilienne de protection des aigles «Gruppo Tutela Rapaci», nous sommes à nouveau mobilisés sur le terrain.
Les mois de janvier et février 2026 ont été particulièrement pluvieux, mettant fortement à l’épreuve un réseau routier déjà très endommagé. De nombreuses prospections ont donc dû être réalisées à pied. Il est essentiel de comprendre dès le départ les difficultés auxquelles les rapaces peuvent être confrontés. Heureusement, de nombreux couples ont retardé leur période de reproduction, échappant ainsi aux fortes pluies qui avaient encore provoqué de lourdes pertes l’année dernière.
À la mi-avril, 64 sites de nidification de l’aigle de Bonelli et 15 sites du faucon lanier avaient déjà été contrôlés. Il est nécessaire d’intensifier encore les recherches de sites de nidification, notamment pour le faucon lanier. En complément du travail des bénévoles engagés dans la protection des oiseaux, les aires situées dans les régions montagneuses sont surveillées au moyen de caméras et de pièges photographiques afin de les protéger des trafiquants et des voleurs de faucons et d’aigles.
Chaque jeune aigle de Bonelli ou faucon lanier qui parvient à grandir sain et sauf et à prendre son envol contribue à assurer la survie de son espèce.
Vidéo: couple d’aigles de Bonelli avec son poussin sur son aire en Sicile © Gruppo Tutela Rapaci
Couple d’aigles de Bonelli en vol © Andrea Cortese
Faucon lanier © Andrea Cortese

Triste témoignage de la chasse printanière illégale aux oiseaux sur Zakynthos: une tourterelle des bois abattue © Committee Against Bird Slaughter
Davantage de sites de chasse découverts – mais moins de tirs:
comment la chasse printanière illégale visant nos oiseaux migrateurs continue d’évoluer sur Zakynthos…
Ce printemps encore, des équipes d’intervention du Committee Against Bird Slaughter (Comité contre le massacre des oiseaux) et de la Fondation Pro Biodiversité sont conjointement mobilisées sur l’île grecque de Zakynthos afin de lutter contre la chasse illégale aux oiseaux migrateurs de passage. Les résultats actuels le montrent: les efforts soutenus déployés ces dernières années en faveur de la protection des oiseaux portent leurs fruits – même si la situation reste préoccupante.
Par rapport à l’année précédente, un nombre accru de sites actifs de chasse aux oiseaux a de nouveau été identifié. Parallèlement, une nette diminution des tirs a été constatée – un indicateur clé que la pression de surveillance exercée sur les chasseurs illégaux porte ses fruits.
Résultats du camp de protection des oiseaux – printemps 2026
(entre parenthèses: 2025 à titre de comparaison)
Victime de la chasse printanière illégale sur Zakynthos: une tourterelle des bois abattue par tir © Committee Against Bird Slaughter
Bien camouflé, mais pourtant découvert: un poste de chasse illégal sur Zakynthos © Committee Against Bird Slaughter

Filet de capture illegal © Committee Against Bird Slaughter
Les oiseaux migrateurs impressionnent par leurs performances extraordinaires. Lorsqu’ils regagnent au printemps l’Europe centrale depuis les régions méridionales, ils doivent parcourir plus de 4000 kilomètres.
Situées au cœur de la route migratoire orientale, les îles méditerranéennes comme Chypre et Zakynthos constituent chaque année des haltes essentielles pour le repos et l’alimentation des oiseaux migrateurs. C’est précisément ce moment qu’attendent des braconniers et autres chasseurs d’oiseaux sans scrupules. Dans les oliveraies et les buissons, ils installent des milliers de gluaux illégaux ainsi que des centaines de filets de capture interdits. S’y ajoutent fréquemment des dispositifs électroniques de leurre prohibés, diffusant pendant des heures, le soir et à l’aube, des chants d’oiseaux.
Pendant les périodes critiques de migration, les protectrices et protecteurs d’oiseaux bénévoles du Committee Against Bird Slaughter et de notre fondation sont présents sur le terrain, dans ces principaux foyers du braconnage.
La migration automnale demeure, pour certains «grands» acteurs du commerce lié au massacre des oiseaux à Chypre, une activité encore extrêmement lucrative. Toutefois, les actions de protection des oiseaux menées depuis de nombreuses années en automne, en hiver et au printemps ont permis de réduire nettement les activités illégales de capture printanière sur l’île méditerranéenne. Ce recul n’a été possible que grâce à la pression exercée par le travail constant et de longue haleine des protectrices et protecteurs d’oiseaux, ainsi qu’à l’augmentation significative du risque d’amendes élevées, parfois à cinq chiffres – en particulier durant la migration printanière (saison de reproduction). Ainsi, au cours des trois premières semaines du camp de protection des oiseaux au printemps à Chypre, une activité illégale n’a été constatée que sur un seul des 129 sites de capture contrôlés.
Résultats à ce jour du camp de protection des oiseaux au printemps à Chypre (23.03 – 10.04.2026):
Braconnage d’oiseaux
Une fauvette à tête noire ♀︎ est libérée © Committee Against Bird Slaughter
Gluaux saisis © Committee Against Bird Slaughter
Ancien transformateur désaffecté à Reichenbach im Kandertal © SPA_CH
À Reichenbach im Kandertal (BE), nous avons entamé début mars les travaux de transformation et de rénovation de notre toute nouvelle tour de protection des espèces destinée à la faune sauvage indigène en Suisse.
Cet ancien transformateur, vieux de près de 100 ans, n’est aujourd’hui plus en service et a été acquis l’été dernier par la Fondation Pro Biodiversité. Situé directement au bord du Richebach et à proximité d’espaces verts au cœur du village, il offre un emplacement idéal pour favoriser la faune des zones habitées et des milieux agricoles.
L’hirondelle de fenêtre, le moineau domestique et le moineau friquet, le rougequeue noir, le martinet noir ainsi que le faucon crécerelle comptent parmi les espèces qui trouveront bientôt à Reichenbach im Kandertal de nouveaux sites de nidification et de repos protégés. Toutefois, les mesures écologiques mises en œuvre dans ce bâtiment préservé de la dégradation ne se limitent pas aux oiseaux nicheurs: la suppression du revêtement sous toiture à l’intérieur de la tour, ainsi que le remplacement de certaines tuiles par des tuiles de ventilation dotées d’ouvertures variées, permettent de créer un accès essentiel au sous-toit, favorable aux chauves-souris.
Grâce à l’engagement des artisans de la région, les premiers carottages ont déjà été réalisés afin d’intégrer directement plusieurs nichoirs dans la maçonnerie. Il est fort probable que ceux-ci soient déjà occupés par diverses espèces nichant dans les bâtiments dès la saison de reproduction désormais imminente. Fabriqués en béton de bois ou en bois, ces nichoirs sont intégrés directement dans la maçonnerie de la façade, ce qui permet de créer un microclimat relativement stable pendant la période de reproduction: ni trop humide en cas de pluies prolongées, ni trop chaud lors des périodes de forte chaleur – un «confort d’habitation» idéal est ainsi garanti aux occupants.
Parallèlement à l’installation de cavités de nidification adaptées aux espèces, les travaux à l’intérieur de la tour ont également bien progressé. La plateforme en bois existante a été rénovée et une plateforme intermédiaire supplémentaire a été construite, de sorte que tous les nichoirs soient accessibles depuis l’intérieur de la tour afin d’en faciliter le contrôle et le nettoyage.
Par manque de connaissances, les sites de nidification et les abris diurnes de nombreuses espèces, qui ont traditionnellement trouvé dans nos villes et zones résidentielles des habitats de substitution, sont souvent détruits.
En transformant d’anciennes stations de transformation en véritables bâtiments dédiés à la protection des espèces pour la faune sauvage des zones habitées et agricoles, nous souhaitons envoyer un signal fort contre la disparition continue des refuges et des niches dans nos constructions modernes, pourtant essentiels à la survie de nombreuses espèces.
Rougequeue noir © SPA_CH_NF
Tour à Reichenbach im Kandertal sous échafaudage © SPA_CH

Rougegorge libéré de nuit d’un filet de capture © Committee Against Bird Slaughter
La mission hivernale à Chypre est désormais achevée – et elle a permis de sauver la vie de nombreuses grives musiciennes…
Durant la seconde moitié du camp hivernal de protection des oiseaux de cette année, nos protectrices et protecteurs des oiseaux ont de nouveau été mobilisés, de nuit comme aux premières heures du jour, pour localiser des sites de capture, secourir des grives musiciennes, démanteler des dispositifs de piégeage destinés aux migrateurs et signaler des braconniers ainsi que des chasseurs agissant illégalement.
Lors d’opérations nocturnes, nos équipes ont neutralisé trois autres sites équipés de filets de capture. À l’aube, elles ont surpris deux braconniers en flagrant délit alors qu’ils capturaient des oiseaux à l’aide de gluaux. Deux autres chasseurs ont été pris sur le fait pour l’utilisation d’appareils électroniques illégaux imitant des chants d’oiseaux, et ont été dénoncés aux autorités.
L’un des braconniers interpellés avec des gluaux avait en outre aménagé dans son jardin une volière fixe, dans laquelle 15 grives musiciennes et 3 pigeons ramiers étaient détenus illégalement. Tous ces oiseaux provenaient de captures sauvages interdites et ne portaient pas de bagues officielles enregistrées, comme l’exige un élevage légal. À la suite de la plainte déposée, le chef d’intervention du service chypriote de la faune nous a informés que ce braconnier écoperait, en plus de l’amende pour l’usage de gluaux prohibées, d’une lourde amende supplémentaire pour la détention illégale d’oiseaux sauvages en cage. Après un bref contrôle sanitaire, tous les oiseaux ont été relâchés dans la nature.
Résultats finaux du camp hivernal de protection des oiseaux à Chypre (6 semaines):
Braconnage d’oiseaux
Grives musiciennes détenues illégalement en volière © Committee Against Bird Slaughter
Gluaux installés dans un olivier, prêts à capturer des oiseaux © Committee Against Bird Slaughter

Grive musicienne prise au piège sur un gluaux © Committee Against Bird Slaughter
La capture hivernale interdite des grives a, cette année encore, coûté la vie à des milliers de grives musiciennes qui faisaient halte sur place pour se reposer et se nourrir.
Les rares activités illégales de capture et de chasse d’oiseaux observées au début de l’année 2026 ont toutefois connu, le 27 janvier 2026, une brusque et forte recrudescence, déclenchée par l’arrivée de milliers de grives musiciennes à Chypre. En route vers leurs sites de nidification lors de la migration printanière, elles s’y arrêtaient pour reprendre des forces et chercher de la nourriture.
Nos protectrices et protecteurs des oiseaux étaient bien préparés à cette nette intensification des activités illégales de chasse et de capture. Ainsi, dès la première semaine suivant l’arrivée des grives, trois chasseurs opérant illégalement et un oiseleur ont été pris en flagrant délit et ont fait l’objet d’une dénonciation. Avec le soutien de la police chypriote et des gardes-faune, cinq filets de capture illégaux, installés et opérationnels, ont pu être démontés et confisqués en une seule nuit.
Résultats provisoires du camp d’hiver 2026 pour la protection des oiseaux à Chypre (5 semaines):
Braconnage d’oiseaux
Grive musicienne libérée d’un filet de capture © Committee Against Bird Slaughter
Démantèlement nocturne d’un filet de capture d’oiseaux illégal © Committee Against Bird Slaughter

Niveau d’eau maximal (janv. 2026) à Geloi © SPA_CH_NF
De fortes précipitations ont marqué le temps en Sicile vers la fin du mois de janvier. Dans la région de Caltanissetta et dans la plaine de Gela – où se situe également notre zone humide de Geloi –, des quantités de pluie localement très élevées sont tombées en peu de temps, à une intensité qui ne se produit pas chaque année. La zone humide «GELOI wetland» illustre de manière particulièrement éloquente l’impact qu’une gestion ciblée de l’eau peut avoir: couvrant environ 200 hectares, elle est actuellement remplie d’eau à son niveau maximal et a attiré de nombreuses espèces de canards. Dans les prairies humides des zones périphériques, les passereaux trouvent une abondance d’insectes, tandis que les oiseaux limicoles, tels que les vanneaux huppés et les pluviers dorés, profitent eux aussi de l’offre alimentaire riche et variée des prairies humides de Geloi.
Grâce aux mesures de rétention d’eau et aux actions de restauration des biotopes mises en œuvre ces dernières années, les eaux de pluie ont pu être retenues sur de vastes portions du site. Zones faiblement inondées, plans d’eau ouverts et rives richement structurées s’y alternent – une diversité qui fait précisément des zones humides des habitats d’une grande valeur.
C’est surtout en hiver que «GELOI wetland» révèle toute son importance. De nombreuses espèces d’oiseaux, qui nichent en Suisse ainsi que dans le reste de l’Europe centrale et septentrionale, y passent l’hiver ou utilisent le site comme lieu de halte. Les conditions actuelles, riches en eau, assurent une abondance de ressources alimentaires et offrent des refuges sûrs. Dans un paysage marqué, durant de nombreux mois de l’année, par la sécheresse et la pression d’une agriculture intensive, la zone humide apparaît comme une immense oasis.
La grande vulnérabilité de cet écosystème est apparue clairement au cours des dernières années: il y a déjà eu des périodes allant jusqu’à 14 mois durant lesquelles peu, voire aucune, précipitation n’est tombée, et où la zone n’a évité l’assèchement total que grâce à nos mesures de restauration. Des structures fonctionnelles et bien conçues, capables de retenir l’eau durant les phases pluvieuses et de la rendre disponible en période de sécheresse, sont indispensables pour que le site puisse offrir, année après année, une nourriture suffisante à des centaines de milliers d’oiseaux migrateurs.
Les conditions actuelles dans la zone humide de Geloi mettent en évidence ce qui est possible lorsque les zones humides sont protégées et développées de manière cohérente: l’eau reste dans le paysage, les habitats sont préservés – et la biodiversité dispose de l’espace dont elle a urgemment besoin.
Tout cela ne se fait toutefois pas tout seul. Cela requiert des personnes compétentes sur place, nos «bird guards», un entretien continu du site, de nombreux kilomètres de clôtures de protection ainsi que la surveillance du périmètre afin de prévenir toute intrusion indésirable. Pour mener à bien ce travail, nous dépendons du soutien du public sous forme de dons.
Canards souchets, sarcelles d’hiver et fuligules milouins en approche © SPA_CH_NF
Pluviers dorés dans une zone d’eau peu profonde © SPA_CH_NF
Un rougegorge familier qui passe l’hiver à Geloi © C. Pitrella
Lorsque nous prenons le temps d’explorer la nature avec attention, en éveillant tous nos sens, nous découvrons souvent des animaux ou des plantes d’une beauté saisissante, qui, dans le tourbillon du quotidien, passeraient autrement inaperçus. Ces rencontres nous rappellent combien de force et de joie se nichent dans les détails les plus discrets – dans ces instants précieux qui enrichissent notre existence et nous montrent à quel point chaque geste, même le plus modeste, contribue à la richesse et à la diversité de notre environnement naturel.
Nous souhaitons ici exprimer notre profonde gratitude à toutes celles et tous ceux qui rendent possible notre engagement d’utilité publique en faveur d’une biodiversité préservée: nos fidèles soutiens, nos collaboratrices et collaborateurs engagés, nos bénévoles dévoués ainsi que nos partenaires estimés. Leur engagement commun est essentiel pour nous permettre de poursuivre et de développer nos projets de protection des espèces en Suisse et en Europe du Sud.
C’est avec joie et confiance que nous regardons l’année 2026 à venir. Nous souhaitons poursuivre les projets existants, donner vie à de nouvelles idées et continuer à œuvrer pour la préservation des habitats et la protection des espèces sauvages menacées. Puisse l’année à venir vous offrir une multitude de petits moments de beauté, rendant votre quotidien plus proche de la nature.
Nous vous souhaitons de joyeuses fêtes de Noël ainsi qu’une nouvelle année 2026 riche, épanouissante et heureuse.
Une cisticole des joncs et des limaçons de Pise dans notre zone humide de Geloi © D. Pepi
Gorgebleue à miroir aux couleurs festives dans la zone protégée de Geloi © A. Lauricella

Gluaux démontés et oiseaux chanteurs qui en ont été victimes © Committee Against Bird Slaughter
Camp de protection des oiseaux à Chypre / Rapport final – Automne 2025
Les opérations spéciales du camp automnal de protection des oiseaux, «Occupy Akas» et «Dead Air», ont imposé à nos équipes de protection des oiseaux des préparatifs sur le terrain particulièrement lourds et chronophages, ainsi qu’une intense activité médiatique. Les résultats obtenus ont toutefois pleinement récompensé l’ensemble de ces efforts.
Le camp automnal de protection des oiseaux qui vient de s’achever restera comme un jalon majeur de notre action contre les «grands acteurs» du trafic et du massacre d’oiseaux à Chypre. Durant de nombreuses années, nous avons lutté en vain contre la capture illégale, massive et industriellement organisée d’oiseaux migrateurs, pratiquée par deux grands braconniers parfaitement connus de nos services. Leur position sociale, leur influence et leurs réseaux étendus au sein de la scène du massacre d’oiseaux ont, à maintes reprises, empêché les autorités politiques et policières de faire appliquer la législation en vigueur avec toute la rigueur nécessaire.
Les amendes «symboliques» infligées par le passé n’ont en rien entravé leurs activités de massacre d’oiseaux, pas même pour une seule journée. En revanche, grâce à nos actions menées cette année, à des publications approfondies et à un travail médiatique professionnel, la police n’a plus pu fermer les yeux sur ces violations graves de la directive européenne sur la protection des oiseaux ni sur les lois chypriotes en matière de protection de la nature. Des opérations policières coordonnées, menées sur les propriétés des deux chefs de bande, ont ainsi abouti à plusieurs arrestations: l’un d’eux a été pris à trois reprises en flagrant délit de capture illégale à l’aide de filets, l’autre à cinq reprises.
Résultat: pour la première fois, même ces «professionnels» du massacre d’oiseaux ont été frappés par des sanctions réellement dissuasives, pour un montant total avoisinant les 150 000 euros! Cela correspond, en «monnaie du massacre d’oiseaux», aux revenus issus de la mise à mort illégale de quelque 40 000 à 50 000 passereaux, que les braconniers peuvent tirer de leurs ventes aux négociants du marché noir.
Ces succès remportés contre les grands braconniers n’ont en rien ralenti l’engagement de nos équipes de protection des oiseaux. Bien au contraire, elles ont consacré huit semaines supplémentaires à la recherche de sites de capture et de chasse, à la surveillance et à la documentation juridiquement irréprochable d’activités illégales, au démantèlement d’installations de capture prohibées, ainsi qu’au dépôt de nouvelles plaintes pénales.
Ainsi, les résultats globaux du camp automnal de protection des oiseaux 2025 à Chypre parlent d’eux-mêmes.
Résultats globaux du camp automnal de protection des oiseaux 2025 du CABS & de la Fondation Pro Biodiversité à Chypre (10 septembre – 25 novembre):
Braconniers et chasseurs d’oiseaux opérant illégalement
Pouillot fitis capturé sur un gluau interdit © Committee Against Bird Slaughter
Des fauvettes à tête noire fraîchement capturées, juste avant leur libération © Committee Against Bird Slaughter

Fugasse mange dans sa boîte au centre de sauvetage/VS © Tombapic
Notre fondation soutient actuellement six centres de sauvetage pour hérissons, gérés par des bénévoles, en Suisse. L’un d’eux se trouve à Saxon, dans le Bas-Valais. Sa responsable, Mme Sandrine Joly, et son équipe de bénévoles y accueillent chaque année plus de 170 hérissons, dont la plupart sont soignés et relâchés en pleine santé dans la nature.
Malgré l’ampleur de la tâche, Sandrine Joly a pris le temps de nous raconter l’histoire de quelques hérissons récemment soignés – des récits qui redonnent espoir…
Choupic, un bébé hérisson orphelin
Le petit hérisson Choupic a été découvert au fond d’une excavation de chantier – seul et complètement épuisé. En tombant dans la fosse, il avait perdu sa mère, qui a sans doute cherché son petit longtemps avant de se résoudre à abandonner. Choupic ne pesait que 187 grammes et se trouvait dans un état de maigreur extrême et de déshydratation lorsque les personnes qui l’avaient trouvé l’ont confié au centre de sauvetage des hérissons. Grâce à des soins attentifs et spécialisés, il a peu à peu repris des forces et a pu être relâché juste à temps pour l’hibernation. Pour cela, il a d’abord été placé dans un jardin aménagé pour les hérissons, où un bénévole veillait sur lui dans un enclos de réintroduction, jusqu’à ce qu’il s’habitue à son nouvel environnement. Après que les expertes de la station se sont assurées que Choupic pouvait survivre de façon autonome dans la nature, il a retrouvé sa liberté dans ce petit paradis naturel pour hérissons. C’est là qu’il vit désormais en sécurité, se préparant à l’hibernation qui approche.
Fugasse, un jeune hérisson désorienté en danger
Le jeune hérisson Fugasse a été découvert en plein jour, errant, visiblement désorienté, sur une route très fréquentée. Une personne attentive a immédiatement compris qu’il avait besoin d’aide: en général, les hérissons ne sont actifs que la nuit ou au crépuscule!
À son arrivée au centre de sauvetage, Fugasse était extrêmement stressé et agité. On n’a pas pu déterminer ce qui lui était arrivé, mais dans sa boîte de soins, il a reçu une nourriture adaptée et un environnement sûr, ce qui lui a rapidement permis de retrouver son calme. Avec les vieilles feuilles de journal mises à sa disposition par les bénévoles, il s’est même construit un petit nid de fortune. Dans cet environnement conçu pour son bien-être, et grâce aux soins professionnels de nos «mamans hérissons», le petit pensionnaire s’est progressivement rétabli. Comme Choupic et d’autres hérissons recueillis, il a séjourné quelque temps dans l’enclos extérieur avant d’être récemment relâché dans un milieu approprié.
Ces hérissons, comme bien d’autres souvent menacés par les activités humaines, n’auraient eu pratiquement aucune chance de survie sans l’intervention de personnes attentives et sans les soins prodigués dans les centres de sauvetage que nous soutenons activement.
Ces histoires nous rappellent à quel point il est essentiel de prévenir les accidents impliquant des hérissons: en redoublant de prudence au volant durant cette saison sombre, en laissant les tas de feuilles dans nos jardins, en couvrant fosses et piscines ou, si cela n’est pas possible, en disposant par exemple des morceaux de bois ou des pierres servant de rampes de sortie. Des passages dans les clôtures des jardins et un peu d’eau fraîche, renouvelée chaque jour dans une coupelle peu profonde, sont d’autres gestes simples qui facilitent la survie de ces petits animaux à piquants. Il faut aussi rester particulièrement vigilant lors des travaux de jardinage: les hérissons se cachent souvent près des haies ou dans les herbes hautes et, en cas de danger, ils ne fuient pas mais se mettent en boule sur place.
Cet automne, nous aurons sans doute encore de belles histoires de hérissons sauvés et relâchés dans la nature grâce à nos centres de sauvetage. Mais toutes ne connaîtront malheureusement pas une fin heureuse. Il arrive que des hérissons gravement blessés ou malades doivent passer l’hiver dans nos stations – une prise en charge coûteuse.
Les bilans de la saison 2024 prouvent toutefois que ces efforts intenses portent leurs fruits – et cela donne du courage à nos vaillantes «mamans hérissons» pour les semaines d’automne bien remplies qui les attendent. Avec votre soutien, nous pourrons continuer à accueillir, soigner et offrir une seconde chance aux hérissons blessés et affaiblis.
Le hérisson Choupic regarde curieusement hors de sa boîte © Tombapic
Données concernant les hérissons soignés durant la saison 2024 © SPA_CH

Protectrice des oiseaux en train de retirer des gluaux illégaux © Committee Against Bird Slaughter
2ème rapport du camp d’automne de protection des oiseaux à Chypre
Les opérations spéciales très médiatisées «Occupy Akas» et «Dead Air» ont donné des résultats remarquablement positifs. Bien que ces deux actions n’aient duré que quelques jours et se soient achevées il y a environ deux semaines, elles ont abouti à des résultats jamais obtenus auparavant. La police chypriote a fini par reconnaître que le piégeage organisé d’oiseaux constitue une menace grave pour les populations migratrices et qu’il doit être combattu en urgence.
La police a ainsi mené plusieurs opérations soigneusement coordonnées contre les deux plus grands braconniers de l’île, identifiés comme M. A. et M. T. La police chypriote a saisi au total 15 filets chez A. et 16 chez T. Lors d’une opération particulièrement fructueuse sur le site de capture de A., les agents ont découvert sept filets installés et libéré 350 oiseaux migrateurs. Sur le site de T., ils ont trouvé onze filets tendus et libéré 150 oiseaux, tandis que 150 autres étaient déjà morts à l’arrivée des agents de police sur ces lieux de capture illégale.
À l’issue de ces interventions policières, A. a été condamné à une amende de 30 000 euros, et T. à la même peine. C’est la première fois, dans l’histoire de nos camps de protection des oiseaux à Chypre, que de grands braconniers sont frappés d’amendes d’une telle ampleur.
Résultats du camp d’automne de protection des oiseaux à Chypre (du 10 septembre au 10 october 2025):
Braconniers d’oiseaux
Torcol fourmilier extrait d’un filet de capture © Committee Against Bird Slaughter
Fauvette à tête noire mâle libérée d’un filet de capture © Committee Against Bird Slaughter

Garde-faune officiel tenant des passereaux confisqués, victimes de la chasse © Committee Against Bird Slaughter
1er rapport du camp d’automne de protection des oiseaux à Chypre
Cette opération du camp d’automne de protection des oiseaux restera à jamais dans les souvenirs du plus grand braconnier professionnel chypriote, que nous appelons M. A.! Pendant plusieurs jours, des équipes de défenseurs des oiseaux ont manifesté devant son immense terrain de capture illégale, brandissant des banderoles et diffusant des vidéos en direct sur les réseaux sociaux. Contrairement aux années précédentes, la police a cette fois marqué sa présence et a saisi sur place deux énormes filets de capture. Pris ainsi en flagrant délit de braconnage, M. A. a écopé dans la foulée d’une plainte bien salée.
Nos militantes et militants ont bénéficié d’un appui médiatique de premier plan lors de cette action «STOP au massacre des oiseaux», grâce au célèbre reporter de la BBC Chris Packham, bien connu en Angleterre et lui-même engagé pour la protection des oiseaux. Par l’intermédiaire de sa chaîne YouTube, il a informé toute l’Europe en direct sur les abus constatés, tout en participant lui-même au retrait de gluaux et de filets illégaux. Ses reportages sont accessibles via le lien indiqué à la fin de ce rapport.
Outre ces «opérations spéciales de protection des oiseaux», les autres résultats du camp méritent aussi d’être soulignés. En plus de M. A., une autre équipe a réussi à coincer un important braconnier professionnel. Sur son terrain, il avait installé pas moins de 270 gluaux accompagnés d’un dispositif électronique de chants d’oiseaux, ce qui lui permettait de capturer illégalement jusqu’à une centaine de passereaux par jour.
Résultats du camp d’automne de protection des oiseaux à Chypre (2 semaines, septembre 2025):
Braconniers d’oiseaux
Fauvette à tête noire mâle capturée sur un gluau © Committee Against Bird Slaughter
Buisson équipé de 15 gluaux interdits © Committee Against Bird Slaughter

Tour de protection des espèces de Lyss Hardern © SPA_CH
Depuis la mi-août, le ciel au-dessus de Bâle et du reste de la Suisse est devenu calme. Les martinets noirs, dont les cris «srii srii» rythmaient de nombreux soirs d’été, ont pris leur envol vers le sud. Selon un ancien dicton paysan, leur départ marque la fin de l’été. Les vastes nuées de martinets noirs que l’on observe habituellement dans les zones habitées du sud de l’Europe sont plus rares en Suisse. Autrefois principalement nicheurs dans les fissures rocheuses et les cavités des arbres, les martinets dépendent aujourd’hui des sites de nidification offerts dans les zones urbaines. Les constructions modernisées et les rénovations fréquentes dans les villes et villages, combinées à la rapide diminution des populations d’insectes, compliquent la recherche de sites de nidification et de nourriture suffisante. C’est pourquoi le martinet noir, le martinet à ventre blanc et l’hirondelle de fenêtre figurent sur la Liste rouge suisse et nécessitent une protection particulière.
Cette année, six couples ont niché avec succès dans les nichoirs que nous avions planifiés, financés et entretenus en collaboration avec une habitante engagée du centre de quartier Westfeld à Bâle. Les nichoirs ont été directement intégrés dans la façade, en accord avec les architectes responsables. Grâce à cette mesure, dix jeunes oiseaux ont pris leur envol avec succès à Westfeld en 2025. Une partie de ces jeunes cherchera à s’installer à proximité, tandis que d’autres fonderont de nouvelles colonies, attirant à leur tour de nouveaux martinets noirs – un processus naturel qui favorise une bonne diversité génétique. Une fois qu’un couple s’est formé et a trouvé un site de nidification, il y revient systématiquement. Avec l’augmentation des succès de reproduction par rapport à l’année précédente et les améliorations écologiques sur les toits plats et aux abords des bâtiments, nous sommes confiants que la colonie de Westfeld continuera à se développer régulièrement.
Cette saison a également été animée dans nos sept tours de protection des espèces. Quelques jours seulement après l’achèvement de la nouvelle tour de Liesberg, à Bâle-Campagne, les premières hirondelles de fenêtre se sont immédiatement installées et ont niché avec succès. À Walperswil, des effraies des clochers et faucons crécerelles ont presque simultanément occupé le même nichoir. Au final, c’est le faucon crécerelle qui a réussi à se reproduire, tandis que trois œufs d’effraie des clochers sont restés non éclos. Dans notre tour de Frenkendorf, nous avons observé un phénomène similaire – pourrait-on y voir un signe de «pénurie de logements»? Nous continuerons en tout cas à offrir d’autres sites de nidification dans des environnements adaptés.
Il est réjouissant de constater que la colonie de martinets noirs à Frenkendorf, complètement disparue sur l’ancien transformateur, a été recréée grâce à la transformation de ce dernier en tour de protection des espèces en 2021 et continue de se développer régulièrement. Cette année, quatre nichées ont été réussies et six jeunes oiseaux ont pris leur envol. Un jeune n’a pas pu s’envoler à temps; nous l’avons donc rapidement transporté à Rümlang, chez Silvia Volpi, dans la station de sauvetage des martinets, où il a pu se renforcer avant de partir vers le sud avec d’autres congénères depuis Zurich.
Dans notre tour de protection des espèces construite en 2024 à Hardern, les hirondelles de fenêtre se sont immédiatement installées en grand nombre. L’occupation a été presque complète et nous prévoyons d’y installer d’autres nids artificiels. Dans la plupart des régions de la Suisse, en raison de l’imperméabilisation excessive des sols, l’hirondelle de fenêtre ne trouve pas suffisamment d’argile pour construire ses nids naturels et dépend donc de l’aide humaine.
Jeunes martinets noirs juste avant de quitter le nid dans le centre de quartier Westfeld à Bâle © SPA_CH
Dans la tour de Walperswil, des poussins de faucon crécerelle se tiennent à côté des œufs des effraies des clochers © Martin Bader

Un protecteur des oiseaux surveille un site de nidification © E. M. Scabionni
La seule population stable d’aigles de Bonelli en Italie se trouve en Sicile – et sa survie est loin d’être garantie. Autrefois présent également en Sardaigne et dans le sud des Apennins, l’oiseau a vu ses effectifs s’effondrer dans les années 1970 et disparaître presque totalement de ces régions. Grâce à notre travail de surveillance des nids en Sicile, nous avons pu, au fil des années, maintenir une population relativement stable d’aigles de Bonelli (espèce sédentaire). Des tentatives de réintroduction en Sardaigne seront bientôt entreprises en transférant de jeunes individus. Une seconde population, plus importante, subsiste en Espagne, mais ailleurs en Europe, l’espèce ne niche plus qu’au sein de petites populations éparses. On estime qu’il ne reste qu’environ 1200 couples nicheurs sur tout le continent. L’aigle de Bonelli est donc considéré comme extrêmement rare en Europe, avec une tendance générale à la baisse.
Depuis 2011, nous organisons, en collaboration avec nos collègues allemands et les protecteurs d’oiseaux siciliens, un camp de protection des aigles et des faucons. Son objectif: stabiliser à long terme les populations d’aigles de Bonelli, de faucons pèlerins et de faucons laniers en Sicile. Outre l’usage excessif de pesticides, responsable d’empoisonnements, l’intensification agricole et la raréfaction de proies comme le lapin de garenne, les rongeurs et les reptiles, ces majestueux rapaces subissent également la pression constante du braconnage.
Pour un aigle, l’aigle de Bonelli est d’une agilité et d’une rapidité remarquables. Cette particularité en fait, dans certains cercles douteux et auprès de fauconniers peu scrupuleux, un «objet de prestige» très convoité. Sur le marché noir, ces rapaces rares peuvent se vendre 10 000 euros, voire davantage. En Sicile, avant la mise en place de nos vastes mesures de protection, de nombreux poussins, et parfois même des œufs, étaient volés dans les nids puis revendus illégalement. L’aigle de Bonelli ne construisant pas ses aires dans des anfractuosités ou surplombs rocheux particulièrement inaccessibles, ses couvées restent relativement faciles d’accès pour des grimpeurs expérimentés.
Pour contrer ce fléau, nous avons installé de nombreuses caméras-pièges équipées de transmetteurs radio dans les zones montagneuses concernées. Ce dispositif permet des interventions rapides. Les protecteurs d’aigles peuvent se rendre sur place avec les carabiniers dès qu’un criminel s’approche d’un nid. Et si un voleur parvient à s’échapper, il y a de fortes chances que son véhicule, et donc sa plaque d’immatriculation, ait été enregistré par l’une de nos caméras. Ces mesures ont un effet dissuasif considérable sur les braconniers en Sicile. Les intempéries et le vandalisme occasionnel endommagent toutefois régulièrement notre matériel, qui doit alors être remplacé. Par ailleurs, nous assurons un soutien logistique minimal aux bénévoles qui, pendant de longues périodes, veillent sur les nids dans ces zones montagneuses reculées, loin de toute civilisation. Chaque année, le camp de protection des aigles et des faucons se déroule de janvier à la mi-août. Le principal secteur d’action est la région de Ravanusa. Pour la préparation et le bon déroulement de cette mission, nous avons garanti à nos partenaires siciliens une aide équivalente à 3000 euros. Grâce à votre soutien, nous pouvons ensemble mener à bien la campagne de protection en cours. Votre don permettra à un maximum de jeunes aigles de s’envoler librement depuis leur nid et, dans les années à venir, de contribuer à la survie de l’espèce.
Résultats du camp de protection des rapaces 2025 (printemps/été) en Sicile:
Jeune aigle de Bonelli avec une proie © S. Cacopardi
Poussins d’aigle de Bonelli dans le nid © E. M. Scabionni

Des bénévoles guettent les balbuzards pêcheurs © Nos Oiseaux / SPA_CH
Dimanche matin, dès 5h00, plusieurs équipes composées de spécialistes internationaux de la protection des espèces et de passionnés de balbuzards pêcheurs se sont à nouveau postées, jumelles et longues-vues à la main, à des emplacements soigneusement choisis par la cheffe de projet, la Dre Wendy Strahm, afin de recueillir les toutes dernières données sur la réintroduction du balbuzard pêcheur en Suisse. Cette espèce d’oiseau remarquable a malheureusement été exterminée en Suisse par des chasseurs sans scrupules et des braconniers. Ce lourd préjudice porté à notre biodiversité, la biologiste Wendy Strahm souhaite le réparer, aux côtés de nous, défenseurs engagés du balbuzard pêcheur et avec le soutien de nombreuses bénévoles et nombreux bénévoles en y mettant tout son savoir scientifique, sa passion et une profonde détermination.
Depuis 2015, Wendy Strahm a relâché au total 62 individus de cette espèce d’oiseau migrateur (le plus souvent des migrateurs longue distance) en Suisse.
Ainsi, dès 5h09, une première équipe d’observation a pu repérer un balbuzard pêcheur grâce à son cri caractéristique, avant de le confirmer visuellement à 6h58 à Hagneck, dans le delta de l’Aar. Il s’agissait du célèbre balbuzard Arthur (F12, ♂︎). Dans la région du Fanel, au nord-est du Lac de Neuchâtel, un second balbuzard a été observé à 5h24 avec un poisson dans les serres, et un troisième individu l’a rejoint à 7h25, tandis qu’Arthur se trouvait toujours dans la zone de Hagneck. Nous avons donc pu confirmer avec certitude la présence de trois balbuzards pêcheurs.
Mais de quels balbuzards pêcheurs s’agit-il exactement? S’agit-il de nouveaux mâles issus du programme de réintroduction, ou peut-être enfin de femelles qui commencent à s’intéresser à nos mâles? Chez cette espèce, les mâles reviennent généralement dans la région où ils ont effectué leurs premiers vols, tandis que les femelles choisissent de s’installer dans de nouveaux territoires. C’est ainsi que certaines femelles issues du projet de réintroduction se sont accouplées avec succès en Allemagne et en France et ont pu se reproduire. Contrairement à la Suisse, l’Allemagne et la France n’ont jamais complètement fait disparaître leurs populations de balbuzards pêcheurs.
À l’époque, les rapaces étaient considérés comme des prédateurs nuisibles et étaient activement persécutés. Aujourd’hui, la société est bien mieux informée, et ces croyances d’un autre temps ont été abandonnées.
À 9h17, une nouvelle petite sensation a eu lieu: l’équipe présente à Hagneck a observé deux balbuzards pêcheurs volant en même temps dans le ciel. Peu après, ce deuxième individu a pu être formellement identifié: il s’agissait de Racine ♂︎ portant la bague F29.
Les événements se sont alors précipités. Une autre équipe, postée dans la Grande Cariçaie, a repéré le balbuzard Olympe (F28, ♂︎) en compagnie d’une femelle non baguée. Olympe a apporté un poisson à son nid, dans le but de convaincre la femelle qu’il avait tout ce qu’un balbuzard digne de ce nom peut offrir à une partenaire: une nourriture parfaitement adaptée et un nid douillet.
Dès la première matinée dédiée au balbuzard pêcheur, le 15 juin, une femelle non baguée avait été observée au bord du lac de Morat. Après l’analyse de l’ensemble des observations réalisées lors de la deuxième matinée d’observation du balbuzard pêcheur et des horaires précis fournis par les 41 observatrices et observateurs, l’hypothèse se confirme: une autre femelle passerait elle aussi l’été en Suisse. Avec de tels résultats, la Suisse peut nourrir un véritable espoir de revoir bientôt le balbuzard pêcheur s’établir à nouveau comme oiseau nicheur indigène.
Les balbuzards pêcheurs ne représentent en rien une menace ni une concurrence alimentaire pour l’être humain. Ils capturent environ 500 à 1000 grammes de poisson par jour, ne vivent pas en grandes colonies et, comme mentionné, l’espèce est aujourd’hui considérée comme disparue en Suisse avec 0 couple nicheur.
Face à cela, la Suisse compte près de 9 millions d’habitants. La question mérite donc d’être posée: qui, au juste, prive qui de nourriture?
En outre, le balbuzard pêcheur est un véritable indicateur d’une nature intacte. Il exige un habitat calme, à proximité de plans d’eau riches en poissons, avec des rives naturelles et de grands arbres pour y construire son nid. Ce rapace peut nous sensibiliser à la nécessité de mieux protéger nos milieux aquatiques et les écosystèmes qui en dépendent.
Pour plus d’informations sur le projet
Deux balbuzards pêcheurs au-dessus du lac de Bienne © Nos Oiseaux / SPA_CH_NF
Balbuzard pêcheur sur son perchoir à Hagneck © Nos Oiseaux / SPA_CH_NF

Nouvelle tour de protection des espèces à Liesberg/BL © SPA_CH_NF
À Liesberg, dans le canton de Bâle-Campagne, nous avons inauguré le 27 juin, sous des températures estivales, notre septième tour de protection des espèces, dédié aux animaux sauvages vivant dans les bâtiments.
Dès les premiers mois de l’année, des travaux de transformation et de rénovation écologique ont débuté sur la tour. L’objectif était que la tour, dans sa nouvelle fonction de bâtiment de protection des espèces, soit prête à être occupée à temps pour la saison de reproduction. Inspirés par les hirondelles de fenêtre, qui nichent encore sporadiquement à Liesberg dans leurs nids naturels traditionnels, nous avons installé plusieurs nids artificiels sur la tour afin de favoriser spécifiquement cette espèce. Dans notre paysage fortement imperméabilisé, les hirondelles de fenêtre manquent souvent de matière argileuse nécessaire à la construction de leurs nids naturels, ainsi que de proies d’insectes pour se nourrir. Dans la commune de Liesberg, on trouve encore une proportion relativement importante de prairies structurées en bordure du village. Aux côtés du moineau domestique, le moineau friquet y est également encore présent. Ces deux espèces, qui nichent dans des cavités, ont elles aussi été prises en compte sur la façade de la tour.
Dans la première moitié du mois d’avril, les derniers grands travaux de transformation ont été achevés, l’échafaudage démonté, et les premiers oiseaux sédentaires comme les moineaux domestiques et les mésanges charbonnières se sont installés sans tarder! Pour les oiseaux migrateurs, comme les hirondelles de fenêtre, nous leur avons donné un petit coup de pouce dès avril en utilisant un dispositif diffusant des chants d’oiseaux. Il n’a alors pas fallu longtemps avant qu’elles découvrent leurs nouveaux «logements».
Petit événement sensationnel: pile pour l’inauguration de la tour, les premiers couples d’hirondelles de fenêtre élevaient déjà leurs petits directement sur la tour!
Les abords du nouveau bâtiment de protection des espèces à Liesberg présentent encore un environnement d’un naturel exemplaire, avec de nombreux buissons indigènes et de petites prairies de fleurs sauvages. Il y existe ainsi une grande richesse de nourriture adaptée aux besoins spécifiques des oiseaux, idéale pour nourrir et élever leurs petits.
À l’occasion de notre petite cérémonie d’inauguration, nous avons eu le plaisir d’accueillir non seulement des donateurs, des voisins et des partenaires du projet communal, mais aussi les tout premiers habitants à plumes du bâtiment. Outre les hirondelles de fenêtre déjà mentionnées, les moineaux domestiques et les mésanges charbonnières ont trouvé refuge sur cette façade conçue pour favoriser l’accueil de nombreuses espèces. Et même les martinets noirs volent déjà d’un air intriguant tout autour de la tour.
Pour les martinets noirs, quatre nichoirs en bois ont été installés dans les combles, tandis que huit nids en cuvette ont été fixés sous l’avant-toit pour les hirondelles de fenêtre. Sept nichoirs adaptés aux nicheurs de cavité offrent d’excellentes conditions de reproduction au rougequeue noir ou à la bergeronnette grise. Trois autres nichoirs ont été installés spécifiquement pour favoriser les étourneaux sansonnets, et cinq tubes-nichoirs universels offrent un abri sécurisé pour différentes espèces de moineaux et de mésanges. Un dernier nichoir est destiné au faucon crécerelle. Puisque les premiers oiseaux ont déjà investi la tour, nous sommes confiants que de nombreuses autres nichées, en particulier celles des hirondelles de fenêtre et de martinets noirs suivront bientôt!
Les 28 sites de nidification protégés pour différentes espèces nichant dans les bâtiments, ainsi que les deux gîtes ou ouverture d’accès pour les chauves-souris, offrent des cavités, des niches et des refuges sûrs aux espèces sauvages du milieu bâti. Dans les constructions neuves comme dans les rénovations, ces structures vitales sont malheureusement encore trop souvent oubliées, ce qui a des conséquences dramatiques pour la biodiversité dans nos villes et nos villages. À travers nos bâtiments dédiés à la protection des espèces, nous souhaitons montrer l’exemple et prouver qu’il est possible de remédier concrètement à «cet oubli».
Nous adressons nos remerciements les plus chaleureux à toutes les donatrices et à tous les donateurs pour leur soutien engagé en faveur du nouveau bâtiment de protection des espèces à Liesberg, qui contribue activement à sensibiliser la population aux possibilités de favoriser la biodiversité en milieu bâti. Nous remercions également l’entreprise Heinz Mildner AG, l’entreprise Felix Häring GmbH, l’entreprise de peinture Pecht ainsi que tous les artisans impliqués pour la qualité de leur travail, réalisé avec compétence et dans le respect de l’environnement, sans oublier la commune de Liesberg pour son soutien bienveillant.
Ensemble, nous apportons une contribution précieuse à la protection des espèces à l’échelle locale.
Visite guidée de la tour de protection des espèces à Liesberg © SPA_CH_AB
Une hirondelle de fenêtre nourrit ses petits à la nouvelle tour de Liesberg © SPA_CH_NF

Colonies de nidification de flamants roses dans notre lagune de Pantano Longarini © SPA_IT
Contrairement à ce printemps, l’année 2024, extrêmement sèche en Sicile, n’avait offert que peu de chances de nidification et d’élevage des jeunes aux espèces d’oiseaux des zones humides et lagunaires nichant au sol.
Jusqu’à 50 écoliers ont profité de la canicule de l’été 2024, avec des températures allant jusqu’à +45° C, pour participer bénévolement à plusieurs actions de gestion écologique. Sous une chaleur accablante, ils ont inlassablement débarrassé de la végétation les îlots de nidification que nous avions aménagés dans la lagune de Pantano Longarini, afin d’offrir, pour cette année, des conditions de reproduction idéales aux espèces nichant au sol telles que le flamant rose, l’œdicnème criard, l’échasse blanche, la sterne naine, ainsi que la glaréole à collier, observée pour la première fois en nidification dans la zone lagunaire.
À notre grande joie, ce sont au total 7 espèces d’oiseaux, dont certaines devenues rares, qui ont profité de ces aménagements ce printemps, parmi lesquelles des espèces exclusivement coloniales, comme les flamants roses et les sternes naines!
Les écoliers, engagés et persévérants, pourront, dans les semaines à venir, se réjouir du succès de reproduction obtenu grâce à leur travail acharné. Leur action a permis de créer un environnement idéal pour les espèces nichant au sol, fruit de leur engagement de l’été dernier. Une magnifique réussite écologique en pleine nature, à laquelle les enfants ont eux-mêmes activement participé.
Août 2024 – des écoliers retirent la végétation sur les îlots de nidification © SPA_IT
Mai 2025 – couples d’oiseaux en nidification sur les îlots de la lagune de Pantano Longarini © SPA_IT

Mirador de chasse aux oiseaux sur l’île de Zakynthos © Committee Against Bird Slaughter
Rapport du camp printanier de protection des oiseaux à Zakynthos (îles Ioniennes / Grèce)
La troisième année de notre camp printanier de protection des oiseaux sur l’île de Zakynthos (Grèce), réalisé en coopération avec l’organisation «Committee Against Bird Slaughter» (Comité contre le massacre des oiseaux), restera sans doute dans la mémoire comme la plus douloureuse pour les protectrices et protecteurs des oiseaux engagés sur place.
Comme déjà lors des deux années précédentes, nos protecteurs savaient, forts de leur propre expérience, à quoi s’attendre: des insultes et des attaques agressives de la part de chasseurs en colère. Mais une agression violente menée par une quinzaine de chasseurs, dont certains masqués, a tout de même représenté une expérience inédite et, disons-le, peu souhaitée — parfois même sanglante. Trois de nos protecteurs ont dû se rendre à l’hôpital de Zakynthos pour faire soigner leurs blessures, mais ont heureusement pu en sortir le soir même.
Pendant l’agression, nos protecteurs ont pu enregistrer des preuves vidéo grâce à leurs caméras-piétons, ce qui, malgré la fuite des assaillants du lieu de l’attaque, a entrainé l’arrestation et une détention provisoire de trois jours pour quatre chasseurs accusés de coups et blessures ainsi que de destruction et vol de matériel. Après une première audience judiciaire, chacun des quatre chasseurs a dû verser une caution de 3000 euros et se voit interdit de quitter l’île jusqu’à la deuxième audience, prévue dans environ six mois!
Au-delà de ces événements peu réjouissants, une note positive: la nouvelle de cet incident et des sanctions infligées aux chasseurs concernés s’est répandue comme une traînée de poudre sur l’île, au point de dissuader de nombreux autres chasseurs de s’adonner à la chasse illégale et criminelle — du moins pour ce printemps.
Résultats du camp printanier de protection des oiseaux à Zakynthos (12.04. – 02.05.2025)
Guêpier d’Europe strictement protégé, blessé illégalement par balle © Committee Against Bird Slaughter
Île de Zakynthos – Vue sur la mer Ionienne © Committee Against Bird Slaughter

Fauvette à tête noire femelle prise sur un gluau sur un mûrier © Committee Against Bird Slaughter
1er rapport du camp printanier de protection des oiseaux à Chypre
Contrairement aux deux dernières printemps, nos espoirs de voir perdurer un faible niveau d'activité illégale de capture d'oiseaux migrateurs à Chypre ne se sont malheureusement pas concrétisés ce printemps 2025. Sur plusieurs sites encore actifs de capture d'oiseaux migrateurs, nous avons dû constater d’intenses activités de braconnage. Pour la première fois depuis plusieurs printemps, des filets de capture illégaux ont à nouveau été installés et des appels électroniques ont été utilisés afin de maximiser le nombre d'oiseaux capturés. Et ce, non seulement pendant la journée, mais aussi tôt le matin, avant le lever du soleil!
Mais même les «petits» braconniers ne sont pas restés inactifs non plus et nos protectrices et protecteurs des oiseaux ont donc dû démonter des gluaux interdits qui avaient été placés sur des arbres et des buissons chargés de baies dans plusieurs endroits de capture, ou faire appel aux gardes-chasse.
Heureusement, les braconniers d'oiseaux actifs sur les trois plus grands sites de capture ont pu être pris en flagrant délit et dénoncés.
Résultat du camp printanier de protection des oiseaux à Chypre (18.03. – 11.04.2025):
Capture illégale d’oiseaux
Une fauvette à tête noire femelle est libérée d’un gluau © Committee Against Bird Slaughter
Fauvette babillarde prise sur un gluau © Committee Against Bird Slaughter
Les espèces qui vivent dans les bâtiments manquent de plus en plus de sites de nidification et de cachettes adaptés. Nos bâtiments de protection des espèces deviennent donc de plus en plus importants… au projet
PostFinance IBAN: CH98 0900 0000 6069 9120 8 BIC: POFICHBEXXX